Pour célébrer la renaissance de l'Albert, revivez la fabuleuse histoire du club !

Après 5 ans d’hibernation, le phénix, ou plutôt le dragon, renaît de ses cendres. Cinq longues années après sa disparition du monde du football, le RAEC Mons est de retour sous le nom « Renaissance Mons 44 », en attendant de pouvoir récupérer son appellation d’origine. Mais qui dit renaissance dit naissance. Alors, pour célébrer le retour du club de toute une ville et d’une région, coup d’œil dans le rétroviseur pour revivre l’histoire glorieuse de l’Albert, un club vraiment pas comme les autres. 

Si il y autant de personnes attachées à l’Albert, c’est tout simplement parce que son histoire est vieille de plus d’un siècle. Déjà en 1905, un club s’affiliait à l’UBSFA sous le nom de « Club amateur sportif ». Mais c’est bien en 1910 que l’histoire commence vraiment avec la création de l’Albert-Elisabeth Club de Mons et son affiliation à l’Union belge de football une année plus tard. Et surtout, c’est en 1911 que survient l’attribution du matricule si cher aux supporters: le 44.


Les premiers faits d’armes de l’Albert

Depuis, les Dragons ont écrit leur propre histoire marquée par des hauts et des bas mais toujours suivie par des supporters fidèles et passionnés. Et être fidèle et passionné, il faut l’être pour suivre l’Albert car l’histoire n’a pas si bien commencé avec une première relégation en 1921. Il faudra attendre 1949 pour que le club sorte la tête de l’eau et rejoigne la Division 2. Les années qui suivent, les dragons peinent à se maintenir et enchaînent les relégations : en 1952 où ils descendent en D3 et en 1960 où ils se retrouvent en Promotion.

Mais rien ni personne ne peut empêcher un dragon de voler et de cracher le feu. Une année plus tard en 1961, l’Albert retrouve la D3 et il va y rester pendant de longues années. En 1974, l’Albert va remonter en D2 lors d’une folle saison où il terminera deuxième de D3, emmené par le feu follet brésilien Luiz Carlos Dotto. Malheureusement, les Montois redescendront en D3 deux années plus tard. Il faudra attendre presque 10 ans et l’année 1985 pour revoir l’Albert en D2, mené par le désormais ambassadeur du Renaissance 44: Eddy Paternotte. Une joie de courte durée puisque le club retrouvera la D3 un an plus tard.


L’élite, enfin!

La fin des années 80 et le début des années 90 ne seront pas favorables pour nos dragons qui vont enchaîner les saisons en Division 3. L’Albert va même frôler une descente en Promotion. Mais à Mons, rien n’est impossible. À partir de 1997, l’Albert va véritablement prendre une autre dimension et sera un sérieux concurrent à la montée en D2 chaque année. Les dragons vont enchaîner les tours finaux pour finalement accéder à l’anti-chambre de la D1 en 1999 au terme d’un test-match légendaire face à Heusden-Zolder (3-3, 4-3 aux penalties).

Preuve de leur talent et de leur détermination à gravir les échelons, les dragons atteindront même les quarts de finale de la coupe de Belgique une année plus tard lors de l’exercice 1999-2000. Les dragons affrontent alors le Standard de Liège à Sclessin devant plus de 5000 supporters montois. Ce jour-là, Jim Mercier était capitaine de l’Albert aux côtés de Vincent Thoelen et Olivier Berquemanne, trois joueurs emblématiques de l’Albert nommés ambassadeurs du Renaissance Mons 44. Au début de ce nouveau millénaire, le RAEC Mons continue son ascension et devient l’un des meilleurs clubs du pays. En 2002, le RAEC Mons intègre enfin l’élite du football belge au terme d’un match inoubliable face à Ingelmunster dans un Stade Tondreau plein à craquer.

L’Albert va alors écrire la plus belle page de son histoire en enchaînant les performances en Division 1 dont une 9ème place historique lors de sa première saison. Une place que l’Albert doit en grande partie à son buteur Cédric Roussel (22 buts) qui a récemment été nommé ambassadeur du Renaissance Mons 44. La club va ensuite faire le yo-yo entre la D1 et la D2 de 2005 à 2015 en signant de nombreux exploits: une demi-finale de Coupe de Belgique en 2012 perdue contre Courtrai, un titre de meilleur buteur pour Jeremy Perbet la même année et une 7ème place en D1 en 2013.


Hibernation et renaissance

Lors de la saison 2014-2015, l’Albert dispute une nouvelle saison en Division 2 avec un effectif complètement remanié. Malheureusement, le club souffre de problèmes financiers et le président Domenico Leone décide de se retirer et de déposer le bilan le 16 février 2015. Le club centenaire du RAEC Mons est donc déclaré en faillite et ne trouvera pas de repreneur. Il disputera son dernier match le 25 avril 2015 contre l’Antwerp, une rencontre chargée en émotion pour tout le staff et les supporters montois. 

Mais comme on dit toujours à Mons: « un dragon ne meurt jamais ». Grâce à la motivation, l’engouement et l’amour de ses supporters et anciens joueurs, le RAEC Mons renaiî de ses cendres le 23 juin 2020 presque 5 ans jour pour jour après le début de l’hibernation du dragon montois. Seul le nom change: Renaissance Mons 44. Mais le blason, les valeurs et surtout l’histoire du club persistent. L’histoire de l’Albert est donc loin d’être terminée, elle ne fait que commencer.


Jacob Hemptinne



Source:
Julien Fament et Jérémie Ulens, L’Irrésistible ascension de l’Albert- Dix années de succès du RAEC Mons, Éditions Luc Pire – Sports, Bruxelles/Liège, 2007, 136p.
François Michel, Jacques Lacroix, Eric Ghislain, Johan Serkijn, « RAEC Mons 1910-2010 Un siècle d’histoire », Editions Magnad, 2010, 144p