Le retour du Club
Après cinq années d’hibernation, le phénix ou plutôt le Dragon renaît de ses cendres. Disparu du paysage footballistique en 2015, l’Albert fait son retour en 2020 sous le nom de Renaissance Mons 44.
Depuis, le club a retrouvé son appellation historique et surtout son précieux matricule 44. Un retour aux sources chargé de sens pour toutes celles et ceux qui n’ont jamais cessé de faire vivre l’Albert.
Mais qui dit renaissance dit aussi nouveau départ. Pour mesurer le chemin parcouru et célébrer le retour du club de toute une ville et de toute une région, coup d’œil dans le rétroviseur sur l’histoire d’un club vraiment pas comme les autres.
Si autant de personnes sont attachées à l’Albert, c’est parce que son histoire s’étend sur plus d’un siècle. Dès 1905, un club s’affilie à l’UBSFA sous le nom de « Club amateur sportif ». Mais c’est en 1910 que l’aventure commence véritablement, avec la création de l’Albert-Elisabeth Club de Mons et son affiliation à l’Union belge de football un an plus tard.
C’est également en 1911 que le club reçoit le matricule devenu si cher aux supporters montois : le 44.
Les premiers faits d’armes de l’Albert
Depuis, les Dragons ont écrit leur histoire, faite de grands moments, de périodes plus difficiles et, surtout, d’une fidélité sans faille de leurs supporters. Et de la fidélité, il en fallait déjà pour traverser les premières années, marquées notamment par une relégation en 1921.
Il faut attendre 1949 pour voir le club sortir la tête de l’eau et rejoindre la Division 2. Les années suivantes sont plus compliquées : l’Albert redescend en Division 3 en 1952, puis en Promotion en 1960.
Mais rien ne peut empêcher un Dragon de reprendre son envol. Dès 1961, le club retrouve la Division 3 où il s’installe pendant de longues années.
En 1974, au terme d’une saison mémorable, l’Albert termine deuxième de Division 3 et retrouve la D2, notamment emmené par le feu follet brésilien Luiz Carlos Dotto.
Les Montois redescendent malheureusement deux ans plus tard. Il faut alors attendre 1985 pour revoir l’Albert en Division 2, sous l’impulsion notamment d’Eddy Paternotte, devenu depuis l’un des ambassadeurs du club. Cette nouvelle aventure dans l’antichambre de l’élite sera toutefois de courte durée puisque le club retrouve la Division 3 dès la saison suivante.
L’élite, enfin !
La fin des années 1980 et le début des années 1990 ne sont pas favorables aux Dragons, qui enchaînent les saisons en Division 3 et frôlent même une nouvelle relégation en Promotion.
Mais à Mons, rien n’est jamais impossible.
À partir de 1997, l’Albert prend une nouvelle dimension et devient chaque saison un candidat sérieux à la montée. Après plusieurs participations au tour final, les Dragons accèdent enfin à la Division 2 en 2000, au terme d’un test-match devenu légendaire face à Heusden-Zolder : 3-3, puis 4-3 aux tirs au but.
Au cours de la saison 1999-2000, l’Albert atteint également les quarts de finale de la Coupe de Belgique. Les Rouge et Blanc affrontent le Standard de Liège à Sclessin, accompagnés par plus de 5 000 supporters montois.
Ce jour-là, Jim Mercier porte le brassard de capitaine, aux côtés notamment de Vincent Thoelen et Olivier Berquemanne, trois figures emblématiques ensuite devenues ambassadeurs de l’Albert.
Au début du nouveau millénaire, le RAEC Mons poursuit son ascension. En 2002, le club rejoint enfin l’élite du football belge au terme d’un match inoubliable face à Ingelmunster, dans un stade Tondreau plein à craquer.
L’Albert écrit alors l’une des plus belles pages de son histoire. Pour sa première saison parmi l’élite, le club décroche une remarquable neuvième place, portée notamment par les 22 buts de Cédric Roussel.
De 2005 à 2015, le RAEC Mons partage son histoire entre la Division 1 et la Division 2, tout en signant plusieurs performances marquantes : une demi-finale de Coupe de Belgique en 2012 face à Courtrai, un titre de meilleur buteur pour Jérémy Perbet la même année et une septième place en Division 1 en 2013.
Hibernation & Renaissance
Lors de la saison 2014-2015, l’Albert évolue en Division 2 avec un effectif largement remanié. Confronté à d’importantes difficultés financières, le club voit son président Domenico Leone se retirer avant le dépôt de bilan du 16 février 2015.
Le RAEC Mons est déclaré en faillite et ne trouve pas de repreneur. Le club dispute son dernier match le 25 avril 2015 face à l’Antwerp, dans une atmosphère chargée d’émotion pour les joueurs, les membres du club et les supporters.
Mais comme on le dit toujours à Mons : « Un Dragon ne meurt jamais. »
Porté par l’amour et la mobilisation de ses supporters, de ses anciens joueurs et de plusieurs acteurs locaux, le club renaît officiellement le 23 juin 2020, presque cinq ans jour pour jour après le début de son hibernation.
Son nom devient alors Renaissance Mons 44. Le nom change, mais les couleurs, le blason, les valeurs et l’histoire restent bien présents.
Hubert Ewbank et Frédéric Herpoel sont à l’origine de cette Renaissance. Ils sont rapidement rejoints par Bernard Courcelles, qui devient l’une des principales locomotives du nouveau projet et accompagne la reconstruction du club, étape après étape.
Les débuts sont forcément hésitants en D3 ACFF, dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19 et par la nécessité de tout reconstruire. Mais l’engouement est déjà présent chez les supporters et les partenaires.
L’arrivée de Dante Brogno comme entraîneur principal marque ensuite une nouvelle étape. Lors des saisons 2022-2023 et 2023-2024, le club réalise deux montées consécutives, avec un nombre impressionnant de victoires en D3 ACFF puis en D2 ACFF.
Un nouveau chapitre pour l’Albert
Le 1er août 2025, le RAEC Mons franchit une nouvelle étape avec l’arrivée de Peter Gould comme actionnaire majoritaire, aux côtés de Charlie Methven. Après avoir joué un rôle essentiel dans la reconstruction du club, Bernard Courcelles devient Président, tandis qu’Hubert Ewbank, à l’origine de la Renaissance, prend le titre de Président d’Honneur.
Le projet porté par Peter Gould est clair : permettre au RAEC Mons de retrouver progressivement le football professionnel, tout en renforçant l’ensemble de ses structures. Son expérience acquise avec la Mount Pleasant Football Academy doit aider l’Albert à progresser aussi bien sur le terrain qu’en dehors, avec une organisation plus professionnelle, une attention particulière portée à la formation et la création de passerelles pour de jeunes joueurs désireux de découvrir le football européen.
Cette ambition doit toutefois rester fidèle à ce que représente le RAEC Mons : son histoire, son ancrage dans la ville, ses supporters et son identité. L’objectif n’est pas seulement de faire monter une équipe, mais de faire grandir durablement tout le club.
Le matricule 44 est de retour
L’Opération 44 avait été lancée en 2025 par Hubert Ewbank, Bernard Courcelles et les équipes du club. Galas, Jogging des Dragons, box collector, maillot légendaire et abonnements de soutien avaient permis de mobiliser supporters, partenaires et anciens autour d’un même objectif : rendre à l’Albert son matricule historique. L’arrivée de Peter Gould a ensuite apporté un soutien déterminant pour concrétiser cette promesse.
Le retour du matricule 44 a été officialisé publiquement le mercredi 8 juillet 2026 au stade Tondreau, onze ans après la faillite du club. Le RAEC Mons évolue ainsi à nouveau sous son matricule historique à partir de la saison 2026-2027.
Plus qu’un simple numéro, le 44 représente l’identité, la mémoire et l’âme de l’Albert. Il avait été attribué au club en 1911 et transmis de génération en génération dans le cœur des supporters.
Après la faillite, cinq années d’hibernation, la Renaissance et deux montées consécutives, le RAEC Mons a retrouvé une part essentielle de son histoire.
L’Albert peut désormais regarder vers l’avenir avec son nom, ses couleurs, ses ambitions et, à nouveau, son matricule 44.
Jacob Hemptinne et Gillian Hermand
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Source :
Julien Flament et Jérémie Ulens, L’Irrésistible ascension de l’Albert- Dix années de succès du RAEC Mons, Éditions Luc Pire – Sports, Bruxelles/Liège, 2007, 136p.
François Michel, Jacques Lacroix, Eric Ghislain, Johan Serkijn, « RAEC Mons 1910-2010 Un siècle d’histoire », Editions Magnad, 2010, 144p
Les Légendes du RAEC
Cédric Roussel
- En mémoire de notre ambassadeur et aimé, Cédric Roussel
- Un duo inoubliable avec Jean-Pierre La Placa
- Meilleur buteur du championnat avec Wesley Sonck
- L’équipe nationale en apothéose
Luis Carlos Dotto
- L’un des chouchous du public montois
- Une montée historique en 1974
- Des dribbles dévastateurs
Eddy Paternotte
- Arrivé en minimes à l’Albert
- Capitaine de l’équipe première à l’âge de 21 ans
- Une montée en D2 dans les années 80
Dimitri Mercier
- Plus de 20 ans de carrière à l’Albert (1980-2002)
- L’un des capitaines les plus emblématiques du club
- Un quart de final de coupe de Belgique historique contre le Standard
Vincent Thoelen
- L’un des « Trois Mousquetaires » avec Jim Mercier et Olivier Berquemanne
- Les montées en D2 et en D1
- Un amoureux de la ville de Mons et de son folklore
Olivier Berquemanne
Il a connu la D3, la D2 et la D1 avec l’Albert
L’un de nos plus fidèles serviteurs
Convaincu par le projet jeune et montois du club
Alessandro Cordaro
- Débute à l’Albert en 2002
- Chouchou des supporters, Il capitano s’est toujours battu pour son club de cœur, en D1 et en D2
- Premier transfert de la Renaissance, Alessandro Cordaro a accompagné le club de la D3 ACFF à la D1 ACFF, en tant que joueur puis membre du staff.